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Accueil » Thaïlande, Laos, Cambodge • 2006

Une halte à Kompong Cham

8 mars 2006 1 commentaire

Récit


Je m’étais dit que je pourrais aller directement de Kratie à Siem Reap, mais ça représente 10h de bus, et j’avoue que je suis un peu malade depuis l’arrivée au Cambodge. L’intestin un peu fragile, la fatigue, la chaleur, je ne sais pas trop.
Du coup, je décide de faire ça en plusieurs temps. Je n’ai plus énormément de temps devant moi, mais ce n’est pas la peine de s’infliger des choses quand on n’est pas bien. Et puis de toutes façons, si je vais à Siem Reap directement, j’arriverai après la fermeture de la banque, et il faut à tout prix que j’échange des traveller chèques aujourd’hui (avant le week-end). Donc Kompong Cham semble être plus raisonnable pour ce vendredi.

J’arrive sur place vers 11h du matin, et je suis de nouveau assaillie par les moto-dops. Comme j’ai dormi presque tout le long, je ne suis pas vraiment réveillée et c’est un peu agressif. Je n’ai envie ni de négocier un prix, ni de les entendre parler tous en même temps, donc je leur dis très clairement que je vais marcher. D’après le plan du Lonely Planet, la guesthouse que je vise n’est pas loin. Effectivement, je la trouve après 10 minutes de marche.

J’aimerais bien trouver une chambre avec salle de bain (c’est quand même plus agréable quand on est malade), et le Lonely Planet dit que la guesthouse offre des chambres avec salle de bain privative pour 3$. Banco ! Malheureusement, la pension est presque complète, il ne reste qu’une toute petite chambre, bien glauque, et sans salle de bain. Kompong Cham n’est pas une grande ville et cette guesthouse est la seule référencée par le Lonely dans cette catégorie de prix. Je n’ai pas envie de chercher plus, il fait chaud, j’ai les jambes faibles, il faut que je me pose. J’accepte donc, et il se trouve que la chambre ne coûte que 1,5$. Je crois que ce sera la plus économique du voyage !
Précisons quand même 4 choses :
– la salle de bain commune est dans un état déplorable,
– il n’y a pas de moustiquaire (bon c’est pas très grave, j’en ai une, merci Nathalie),
– ce jour-là, un mariage a lieu dans la rue, sous un chapiteau juste devant la guesthouse (je l’avais bien vu en arrivant, mais j’étais tellement pas bien que je n’ai pas pensé une seconde que le mariage allait aussi durer toute la nuit…),
– le lit n’est en fait qu’un « matelas » de 2 cm d’épaisseur posé sur des lattes.

Après m’être reposée un peu, je décide de louer un vélo pour visiter la ville, et notamment l’ile de Koh Paen, toute proche. Il est 12h30, ça cogne bien, mais j’ai envie de bouger un peu avant l’ouverture de la banque à 14h. Première impression, Kompong Cham, tout comme Kratie d’ailleurs, est sale. Rien à voir avec le Laos. Je pédale jusqu’au grand pont en bambou indiqué par le Lonely Planet. De loin, ce pont ressemble à un entrelacs d’allumettes, c’est très joli. A la saison des pluies, le pont est entièrement englouti et détruit par les eaux, si bien qu’il est reconstruit chaque année à la main. Le pont fait environ 200 mètres de long.

Avant de traverser, un jeune homme à vélo me demande d’où je viens. Il me dit qu’il est professeur d’anglais sur l’île, et qu’il poursuit en même temps ses études. Il me demande de l’aider. Je demande ce qu’il veut que je fasse, il dit qu’il veut de l’argent pour payer des livres et des fournitures pour les enfants. Je suis un peu embarrassée, et je refuse en m’excusant. Tout à l’heure, en cherchant une info sur Internet, je suis tombée sur un blog contenant un article très intéressant : visiblement, des gens ont rencontré le même type lors de leur passage à Kompong Cham, sauf que sa méthode était plus hardcore à l’époque (voir l’article en cliquant ici).

Après avoir traversé le pont, un péage… Tiens, c’est bizarre, le droit de passage n’était pas annoncé. Pendant que je sors mon porte-monnaie, la femme du péage me regarde en souriant, elle me caresse le bras et les joues en me disant « pretty, pretty ». Elle avait tellement de douceur dans les yeux, et je suppose que ma couleur de peau lui plaisait (les Asiatiques n’aime pas être bronzés).

Une fois de l’autre côté, pas un touriste. Je suis toute seule sur une piste en terre battue, à l’ombre des palmiers et des bananiers. Tout le long de la route, des maisons en bois perchées à 2 mètres du sol, sur pilotis. Et dans chaque maison, des enfants qui me crient « Hello ». Ma première pensée et de me dire : tiens, ils disent bonjour en anglais, alors qu’au Laos, tout le monde dit « sabai dii ». Peu importe, l’accueil est très chaleureux, les enfants accourent quand ils me voient arriver, me demandent mon nom, comptent jusqu’à 5 en anglais pour me montrer qu’ils savent. Les adultes aussi disent hello et sourient. L’atmosphère est extrêmement paisible, et les gens ont l’air si gentils. Je me dis que si c’est ça le Cambodge, je vais adorer autant que le Laos.

Sur l’île de Koh Paen, on vit de la pêche et de la culture du tabac. Les feuilles de tabacs sont ramenées en ville par des carrioles tirées par des chevaux, via le pont en bambou. A la saison des pluies, je suppose que le transport se fait par bateau.
Avant de quitter l’île, je tombe sur un groupe de jeunes ados en train de répéter une chanson, vêtus de dossards orange. Ils chantent et miment une petite chorégraphie. Je m’arrête pour les regarder, et certains, me voyant de l’autre côté de la haie, me montrent du doigt en souriant. A la fin de la chanson, tout le monde se retourne et me dit « hello » en souriant. L’un d’eux vient vers moi et m’explique qu’ils sont chrétiens et répètent pour un spectacle. Il m’invite à me joindre à eux. Aaaargh, j’aimerais tellement, mais il faut absolument que j’aille à la banque, sinon je n’ai plus de liquide jusqu’à lundi… Je refuse donc en le remerciant.

Pour mon deuxième passage au péage sur le chemin du retour (on paye à l’aller et au retour), la femme me demande de m’assoir avec elle. Visiblement elle a envie de causer.
Elle me retouche le bras, puis les fossettes, en me disant encore « pretty, pretty ». Je sors mon Lonely Planet pour tenter un brin de conversation en khmer… pas facile. Elle parle 3 mots d’anglais, mais on s’en sort. Elle m’apprend les couleurs, les objets (je n’ai rien retenu bien sûr). J’ai beaucoup aimé ce moment. Ça n’a duré que 20 minutes, mais je me sentais bien assise à l’ombre de son péage en bambou, à essayer de communiquer tant bien que mal.
Srai (c’est son prénom) veut que je revienne le lendemain, pour lui tenir compagnie. Elle répète « I like you ». Je lui explique que je pars demain, elle est déçue, mais me lance un énorme sourire, vous savez ce sourire qui ne vient pas seulement de la bouche : il est dans les yeux, dans les rides, dans l’attitude. Un sourire du cœur.

Le reste de la journée a été consacré à des choses beaucoup plus matérielles : échange de traveller cheques à la banque, achat de mon billet de bus pour le lendemain, recherche d’un appareil photo. Je finis par trouver un jetable, ça fera bien l’affaire dans un premier temps.
Petit dîner bien glauque dans un resto du même type. Puis nuit assez mouvementée : entre la basse trop prononcée des musiciens du mariage (qui faisait vibrer les murs), le matelas quasi inexistant de mon lit, et la moustiquaire qui se casse la gueule (car j’ai pas réussi à faire un trou dans le mur pour la fixer correctement), le sommeil est perturbé. Je suis réveillée a 1h du mat’, puis 4h, puis 5h, et enfin le réveil sonne à 6h. Ca fait maintenant quelques jours que je me lève tôt et que je suis sur la route, vivement que je me pose à Siem Reap.

Carte

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Il y a un commentaire »

  • Fred dit :

    Marion, je t’invite à une nuit d’hotel à 25-30 dollars la nuit. Vu les prix que tu payes, je pense que cela te paiera un palace: repose toi, profites de la piscine, flane devant la télé, prends toi un jour pour toi. Vu que 25 euros, c’est ce que cela me couterait de t’inviter au resto, fais toi ce plaisir à mes frais (je te rembourse à ton retour). N’oublie pas, tu es en vacances!!! (je suis jaloux) bises. Fred

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