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Accueil » Retour à Borneo (Indonésie) • 2010

Sentiment mitigé sur Banjarmasin

18 novembre 2010 Aucun commentaire

Récit

Arrivés à Banjarmasin, nous nous installons à l’hôtel SAS, la sélection du Lonely Planet. Le hic, c’est qu’il est en travaux, et les perceuses et autres marteaux-piqueurs semblent ne jamais s’arrêter… Bon, la chambre est spacieuse, et franchement on a la flemme de chercher un autre endroit. Les prix sont assez élevés (249 000 Rp soit environ 20€) mais tant pis. De toutes façons on pressent déjà qu’on ne restera pas plus d’une nuit.

Notre chambre au SAS Hotel (Banjarmasin, Kalimantan Sud, Indonésie)

Nous sommes à la réception lorsqu’un homme se présente à nous dans un anglais relativement bon. Mukani est guide dans la région et nous propose ses services. Visite des marchés flottants, des canaux, des mines de diamants, organisation de treks dans la région de Loksado. Il a l’air vraiment gentil, mais Yusuf (notre guide à Tanjung Puting) nous a déjà recommandé un de ses amis. D’un autre côté, on sait que peu de gens parlent anglais à Kalimantan, et ça ne nous coûte rien de prendre ses coordonnées au cas où. Nous échangeons nos numéros et promettons de l’appeler plus tard.

Nous partons faire un tour en ville à la recherche d’un cybercafé et d’un endroit pour manger. L’impression se confirme, « Banjar » ne nous plaît pas. On galère pour trouver le cybercafé, le plan du Lonely a l’air pourri, ou alors on ne sait plus lire un plan. Les gens nous lancent pourtant des « Hello Mister » comme ailleurs, mais je crois tout simplement qu’on est un peu déprimés ! Là-dessus, un orage éclate, et là, c’est la saucée !

Retour à l’hôtel en fin d’après-midi. Nous décidons d’appeler Mukani pour connaître ses tarifs et organiser la suite de notre périple. L’idée : déguerpir de là dès que possible !
Mukani débarque à notre hôtel 20 minutes plus tard. Voici le détail des activités qu’il propose (prix pour deux personnes) :

  • Marchés flottants : 300 000 Rp (≈ 24€), une demi-journée
  • Excursions sur les canaux : 200 000 Rp (≈ 16€), 1h30
  • Visite des mines de diamants : 1 million de Rp (≈ 80€), une journée
  • Trek de deux jours à Loksado : 2,9 millions de Rp (≈ 234€)
  • Trek de trois jours à Loksado : 4 millions de Rp (≈ 322€)

Comme l’an dernier dans la région de Samarinda, on trouve les prix très élevés. On avait en tête d’aller faire un trek dans la région de Loksado, et toutes nos sources d’information préconisaient de prendre un guide à Banjarmasin. Loksado est en effet un tout petit village où seul un guide parle anglais : un peu risqué de se pointer là-bas comme ça, en comptant sur sa disponibilité.
Mais devant les prix annoncés par Mukani, on hésite. Sans compter qu’on préférerait partir seuls à Loksado, car on voudrait prendre notre temps là-bas, y rester quelques jours pour se poser après le trek.

On choisit donc de faire les marchés flottants avec Mukani le lendemain matin, et de continuer à réfléchir pour le reste.

Dans la foulée on appelle Guntur (le guide conseillé par Yusuf), histoire de pouvoir comparer un peu les prix. Il m’annonce qu’il est déjà booké pour les 15 prochains jours, mais il accepte très gentiment de nous rencontrer à l’hôtel. Il nous donne ses tarifs pour qu’on se fasse une idée, nous invite à lui poser des questions sur la région, et nous conseille en fonction de nos envies. Très sympa ce Guntur, qui nous consacre du temps sans avoir rien à y gagner !

Il nous donne ensuite le numéro d’un guide qui parle anglais à Loksado : Amat. Il se trouve que c’est lui qui est référencé dans le Lonely Planet. Il nous donne aussi le numéro d’un boatman à Negara, car on veut y aller pour voir les buffles d’eau. Le boatman ne parle pas anglais, ça va être sport ! Mais tant pis, on aime bien se débrouiller tout seuls. Le challenge est de taille dans une région où l’anglais est peu pratiqué, mais ça fait partie du voyage à mon sens. Et puis je n’ai pas acheté la Méthode Assimil pour rien bon sang !
La décision est prise : demain après les marchés flottants, nous quittons Banjarmasin, cap vers le nord (de Kalimantan Sud). Une escale de deux jours à Kandangan nous permettra d’aller visiter le village de Negara et ses buffles d’eau. Puis nous continuerons notre trajet vers Loksado (j’ai appelé Amat, il est disponible ces jours-ci, il sera donc notre guide).

Le soir, nous dînons au Depot Bakso, faute d’avoir trouvé le restaurant conseillé par Mukani. Tout le monde nous regarde lorsqu’on fait notre entrée ; ça, on commence à avoir l’habitude. Et personne ne parle anglais. Ça aussi, c’est la routine.
Surprise, nous sommes servis avant même d’avoir commandé ! On n’avait pas bien compris le principe, mais Bakso signifie soupe de nouilles aux boulettes de viande. Au Depot Bakso, c’est donc plat unique ! Le serveur nous apporte notre bol et nous propose une boisson. Pas de bière évidemment, il semble que ce soit de plus en plus prohibé à Kalimantan. Pas d’eau non plus, ni de thé. Il nous reste donc les sodas : va pour un coca !

Pendant le repas, les autres clients continuent à nous observer. De ce regard un peu insistant mais pas pesant. On sent plutôt de la curiosité. Et puis, à la table d’à côté, l’un d’eux se lance. Il s’adresse à Jean-François. Mais mon bahasa (la langue nationale) est un peu meilleur que le sien, donc c’est souvent moi qui réponds ou qui fais l’interprète. Mais le type continue à regarder Jean-François comme si je n’étais pas là. Bon, j’ai compris, je suis une femme, et alors ?!
Le gars est quand même très sympa et s’intéresse à nous. D’où l’on vient, pourquoi on est là, combien de temps on va rester, où on va après… ?

Derrière moi une petite fille d’à peine un an me fait les yeux doux. Elle est dans les bras de sa mère et me lance des bisous avec sa main. Je lui en envoie à mon tour et lui caresse le bras. Les parents me sourient quand je leur dis que je la trouve jolie. On reste quelques minutes à se regarder et à se sourire, sans trop se parler, et puis la petite famille s’en va.

Au moment de passer à la caisse, le serveur semble essayer de nous dire quelque chose. On n’arrive pas à obtenir l’addition. Il baragouine dans un bahasa hyper rapide. « Pelan pelan ! » lui lance-t-on (« doucement, doucement ! »). On finit par comprendre que notre repas a déjà été payé. Et il nous montre du doigt la table où le bébé était installé avec ses parents. Après cinq minutes d’incompréhension, on vient de percuter : la famille nous a offert le dîner ! On ne sait pas quoi dire, surtout qu’ils sont déjà partis, et de toutes façons notre bahasa est trop pauvre pour pouvoir réagir à ce genre de situation.

On répète merci plusieurs fois et on quitte le restaurant. On est abasourdi par ce qui vient de se passer ! Quel accueil ! On n’a pourtant rien fait ou dit de particulier. C’est vraiment touchant. Je prévois de demander un coup de main à Mukani demain pour rédiger un mot de remerciement que je passerai déposer au Depot Bakso.

⊕ Infos pratiques

» Hôtel SAS
Chambre double (ventilateur et clim), salle de bain, petit-déjeuner inclus : 249 000 Rp

Carte

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