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Accueil » Sulawesi (Indonésie) • 2008

Iles Togian : ira, n’ira pas ?

4 octobre 2008 Aucun commentaire

Récit

Grosse incertitude sur les Togian. Depuis mon passage à Sumatra en 2007, j’ai beaucoup entendu parler de ce chapelet d’îles paradisiaques situé au nord de Sulawesi, entre les deux pointes du « K », dans le Golfe de Tomini. Plages de rêve, jolies plongées, petits villages d’une autre époque occupés par des nomades de la mer. Nous sommes évidemment attirés par les paysages de carte postale et la tranquillité promis par cet endroit.

Le problème c’est que les Togian, ça se mérite ! C’est loin et difficile d’accès. Le « bout du monde » n’est accessible qu’à celui qui veut bien s’en donner la peine. Depuis le pays Toraja, nous essayons d’organiser le transfert vers les Togian. Nous écumons plusieurs agences de voyage avant d’en trouver une qui comprend ce qu’on veut, et qui nous propose des solutions. Si le pays Toraja est une région relativement touristique (une sorte de passage obligé quand on visite Sulawesi), assez peu de locaux y parlent anglais. Ben oui, c’est pas Bali ici !

On avait lu dans le Lonely Planet qu’on pouvait prendre l’avion de Manado à Luwuk, puis rejoindre Ampana par la route en six heures. Depuis le pays Toraja, notre plan était donc de rejoindre Manado en avion (en repassant par Makassar). Petit détour certes, mais ça nous permettait d’éviter la grosse route de montagne en mauvaise état, et la région de Poso annoncée comme potentiellement dangereuse (les conflits religieux ne touchent pas les touristes en principe, mais il vaut mieux éviter de se trouver dans une gare routière ou un bus remplis de locaux). Malheureusement en septembre 2008, la connexion Manado-Luwuk n’existe plus. La tuile !

Sulawesi : de Rantepao aux Iles Togians (Indonésie)

On se replie donc sur des moyens de locomotion plus lents. De Rantepao aux Togian, il faut prévoir au moins deux étapes : le trajet terrestre jusqu’à Ampana, puis la traversée en bateau pour rejoindre les îles.

Première option pour le trajet terrestre : le bus

Depuis Rantepao, on nous annonce 20 heures de trajet sur des routes montagneuses pour rejoindre Ampana, sur la côte. Une bagatelle ! On pourrait couper ce trajet en passant une nuit à Pendolo ou Tentena. Là, les mauvais souvenirs reviennent. A Sumatra en 2007, j’avais passé 16 heures à bord d’un horrible bus, sur des routes en piteux état, contrainte de respirer l’odeur insupportable de l’urine et du vomi (voir l’article Du Lac Toba à Bukittinggi : le bus de l’impossible). Je me suis fait une promesse ce jour-là : plus jamais de trajet aussi long en Indonésie, sauf si je n’ai pas le choix. Être routarde oui, aller bien au-delà de mes limites, non ! Je ne suis pas là pour le challenge. S’il faut souffrir un peu, s’entasser dans une voiture, rouler sur des routes défoncées, voyager avec les poulets et la techno indonésienne, attendre des heures que le bus se remplisse, je veux bien, ça fait partie du folklore. Mais si ça dure plus de huit-neuf heures, je craque. Donc oublions le bus.

Deuxième option : le kijang

Il s’agit d’une sorte de grande jeep moderne, dont l’aménagement permet d’accueillir une dizaine de personnes. En général les kijang sont plutôt en bon état comparés aux bus, et ils roulent naturellement plus vite. Il y a les kijang qui servent au transport en commun (courte ou longue distance) et s’arrêtent à la demande (des passagers et des personnes au bord de la route). Et les kijang charter, réservés pour un nombre précis de passagers, qui vont d’un point A à un point B sans s’arrêter (sauf pauses pipi évidemment).

C’est la solution qu’on nous propose (« you make charter ! » en roulant bien les deux R !). Mais trouver huit pèlerins pour partager le trajet avec nous semble infaisable. Il n’y a pas tant de touristes que ça ici, et tous ne vont pas aux Togian. Il nous faut donc payer à nous deux la totalité du prix, soit 1,5 millions de rupiahs (≈ 120€) pour un trajet d’une dizaine d’heures. Je sais, ça vous paraît bon marché, mais croyez-moi, pour l’Indonésie, c’est cher ! Enfin au moins ça, c’est fait. Nous versons un acompte à l’agence de voyage et nous préparons à partir le surlendemain. Il faut maintenant caler la traversée en bateau.

Trajet maritime de Ampana aux Togian : sacré Ramadan !

Il y a plusieurs possibilités : le ferry, le bateau de pêcheur, ou le transfert sur le bateau de l’établissement auprès duquel on a réservé un bungalow aux Togian. Comme on ne prévoit jamais grand chose à l’avance, on n’a évidemment rien réservé.

A Rantepao, personne n’est capable de nous renseigner. Il nous faut donc passer de nombreux coups de fil. On sait déjà, grâce au Lonely Planet, que le ferry ne circule que le lundi matin (et encore, l’information est annoncée comme étant soumise à changement). On s’est quand même arrangés pour faire le trajet en kijang en fonction de ça. On appelle la compagnie de ferry pour réserver un billet, et là surprise, aucune traversée n’est assurée en ce moment à cause des vacances. Mais quelles vacances bon sang ??

Nous approchons de la fin du Ramadan et, en pays musulman, cela annonce quelques jours fériés et des vacances scolaires. Aaaaargh ! Pas de bol. Encore une fois, on aurait dû prévoir que, quand on voyage dans le plus grand pays musulman au monde, le Ramadan a forcément une incidence. Tant pis, il nous reste encore les deux autres options.

On contacte vite les quelques établissements hôteliers qu’on avait repérés, pour réserver un bungalow et assurer notre transfert. Mais évidemment, tout est complet. Il n’y a pas que les Occidentaux qui voyagent à Sulawesi. Les voisins de Malaisie et de Singapour (état laïque qui offre deux jours fériés par an à chacune de ses communautés) affluent en masse pour ces grandes vacances ! Partout où l’on appelle, c’est le même refrain. « It’s Idul Fitri (fin du Ramadan), everything full ! ». Chaque fois on demande si un pêcheur du coin accepterait de nous faire traverser en échange d’une belle récompense. Pas moyen, la sentence tombe implacablement. Nous qui pensions que tout s’achetait en Indonésie… Peut-être tout sauf ça. Ces jours fériés, ils sont sacrés, personne ne souhaite travailler. Respect. Mais c’est la grosse déception pour nous !!

Au fur et à mesure de nos coups de fil, l’espoir s’efface. On se voyait tellement là-bas. On en avait tant entendu parler.

Mais pas le temps de pleurnicher, il faut réagir, activer le plan B. Vite, retourner à l’agence de voyage, annuler le trajet en kijang, récupérer notre acompte (croisons les doigts), acheter un ticket de bus pour retourner à Makassar demain matin, puis un billet d’avion pour rejoindre Manado (tout au Nord) dans la même journée.

On ne peut pas aller aux Togian ? Qu’à cela ne tienne, vous ne nous enlèverez pas Bunaken, petite île au nord de Sulawesi mondialement connue pour la richesse et la beauté de ses fonds marins. Encore faudra-t-il trouver un hébergement là-bas. La suite au prochain épisode…

⊕ Infos pratiques

Consulter l’article Les îles Togian, ça se mérite pour plus d’infos sur l’accès aux Togian.

» Bus Rantepao -> Makassar
Trajet : 9h
Prix : 150 000 Rp / personne

» Vol Makassar -> Manado
Durée : 1h35
Prix : 479 000 Rp / personne (acheté à la dernière minute), avec Lion Air

Carte


 

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