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Accueil » Sulawesi (Indonésie) • 2008

Bira la solitaire

26 septembre 2008 2 commentaires

Récit

Nous voici à Bira, station balnéaire désertée au fin fond de la pointe Sud-Est de Sulawesi Sud. Patricia et Tonio, deux parisiens rencontrés dans le bus qui nous a conduit ici depuis Makassar, sont nos seuls compagnons de guesthouse. Nous nous installons dans un petit bungalow très simple à deux pas de la plage, au Bira Beach Hotel.

Notre bungalow au Bira Beach Hotel (Bira, Sulawesi, Indonésie)

Happy birthday Jean-François !

Le soir même, c’est l’anniversaire de mon cher et tendre. Pat et Tonio se joignent à nous sur la terrasse de la guesthouse. Un magnifique coucher de soleil nous accompagne.

Coucher de soleil (Bira, Sulawesi, Indonésie)

Nous sommes en plein Ramadan, et comme on n’a pas trouvé d’alcool à Makassar, on craint le pire dans ce petit village bien reculé. On tente quand même notre chance auprès du serveur de la guesthouse ; un établissement touristique doit bien pouvoir faire exception. Pas évident…

Nous lui expliquons gentiment que Jean-François a 35 ans aujourd’hui, et qu’il nous serait vraiment agréable de boire une bière à sa santé. Après quelques minutes de négociation, le serveur accepte de nous apporter notre Bintang… servie dans des tasses à thé ! Peu importe le contentant après tout. Et c’est vrai qu’on s’y méprendrait presque en regardant au fond de la tasse.

Bières camouflées dans des tasses à thé (Ramadan oblige) pour célébrer les 35 ans de Jean-François (Bira, Sulawesi, Indonésie)

Dur dur le Ramadan

Le lendemain matin, le propriétaire nous invite à prendre nos petits déjeuners à l’intérieur. Il ne faudrait pas que les locaux nous voient en train de nous empiffrer sur la terrasse. Pourtant, l’établissement est dans une enceinte quasi fermée,  et personne ne peut nous voir de la rue. On ne comprend pas bien pourquoi on interdit à des touristes de se nourrir en pleine journée. « Il faut montrer votre respect » nous répète le gérant. Je bougonne intérieurement. J’ai tendance à penser que le respect va dans les deux sens. Cet homme reçoit des touristes, pourquoi ne pas adapter les pratiques à sa clientèle ? On comprend bien qu’il serait indécent d’aller dévorer un repas au nez et à la barbe des locaux en pleine journée, mais prendre discrètement son petit déjeuner sur une terrasse privée et fermée, je ne vois pas le mal…

Et les repas en terrasse, c’est quand même le pied pour nous, citadins frustrés et enfermés dans nos quatre murs toute l’année. Le voyage, dans ma petite tête, c’est la liberté. J’ai donc du mal à accepter qu’on me l’enlève. Mais je m’adapte, je respecte, et tout et tout. Le voyage, c’est aussi l’ouverture d’esprit, non ?!

La plage de Bira au petit matin, devant laquelle il nous était interdit de manger (Sulawesi, Indonésie)

On devra du coup s’organiser pour les repas en journée. Chaque soir, nous achetons dans les échoppes du coin des biscuits et autres chips, ainsi que de l’eau, en guise de casse-croûte pour le lendemain. Car oui, de jour, les restaurants et commerces de la région de Bira tirent le rideau. On apprendra donc à manger et boire discrètement, à l’abri des regards.

Balade dans la région de Bira

Outre la visite du chantier de construction navale (voir l’article Les bateaux Bugis de Tanah Beru), nous nous promenons aussi dans les alentours. Non loin de Tanah Beru se trouve le petit village de Ara, dont Pat et Tonio nous ont recommandé la plage. On ne sait pas exactement à quelle distance se situe Ara, mais on quitte Tanah Beru à pied en comptant sur le passage d’un bemo. La petite route est agréable, si l’on ignore la chaleur qui donne l’impression que le goudron fond sous nos semelles ! Les maisons sont toujours très colorées, et les enfants nous accueillent à nouveau en réclamant des photos.

Enfants dans un village sur la route de Ara (Sulawesi Sud, Indonésie)

On demande notre route à plusieurs reprises, et tout le monde nous indique le même chemin : il faut aller tout droit. Mais personne ne semble comprendre qu’on cherche un moyen de transport, et surtout qu’on aimerait savoir en combien de temps on y arrive. Ici, personne ne parle anglais.

Un homme finit par nous prendre dans sa voiture. D’après ce qu’on a compris, il ne va pas jusqu’à Ara, mais il propose de nous avancer un peu. Parfait ! Nous roulons quelques minutes avec lui, puis nous traversons un village, et notre chauffeur se met à klaxonner à tout va. Sur son passage, les gens sortent sur leur perron et il leur lance une phrase en nous montrant du doigt, semblant expliquer notre présence. Les villageois acquiescent et lui répondent un truc incompréhensible. Le manège dure un certain temps, on a l’impression qu’il est très fier de nous avoir à bord.
Et je crois qu’on a vu juste. Au moment de nous déposer et de nous indiquer la direction d’Ara, il insiste pour qu’on le prenne en photo avec son téléphone portable, en compagnie de chacun de nous. On l’imagine assez bien montrer ces photos à son entourage en se vantant d’avoir eu des « bule » (« occidentaux », prononcez « bulé ») dans sa voiture. Nous décidons de l’immortaliser aussi : il a été fort sympathique avec nous, et son show dans le village nous a bien fait rire !

Le type très sympa qui nous a pris en stop (vers Ara, Sulawesi Sud, Indonésie)

Nous repartons à pied en plein cagnard, et doutons de plus en plus de la faisabilité de notre périple. A chaque virage, on essaie de tirer jusqu’au suivant, pensant y trouver un village. Malheureusement, la route se poursuit inexorablement au milieu des champs.

Sur la route de Ara (Sulawesi Sud, Indonésie)

On ferait bien du stop, mais pas une voiture à l’horizon. Tout juste quelques scooters transportant trop de passagers pour pouvoir nous prendre. Nous sommes sur le point de faire demi-tour lorsqu’un providentiel bemo se pointe. Hallelujah ! Il nous dépose en une quinzaine de minutes à Ara : village totalement éteint en ce début d’après-midi surchauffé. Le conducteur du bemo nous indique que la plage se trouve en contrebas, à environ deux kilomètres sur une petite route bien raide. En descendant, on imagine déjà la suée qu’on se tapera à la remontée !

Mais ça vaut le coup : une magnifique plage de sable blanc, bordée de cocotiers et d’une mangrove habitée par des macaques.

Seuls au monde sur la plage de Ara (Sulawesi Sud, Indonésie)

L’endroit est paradisiaque, et Jean-François joue les Robinson en allant nous chercher une noix de coco (malheureusement bien sèche). Seuls au monde, nous dégustons nos biscuits et nos chips dans un paysage de rêve. Tout ce sable farineux et toute cette eau bleue rien que pour nous… Le bonheur.

Jean-François fait son Robinson sur la plage déserte (Ara, Sulawesi Sud, Indonésie)Remontée de la plage, 2 km en pente raide, en plein cagnard (Ara, Sulawesi Sud, Indonésie)

En fin d’après-midi nous galérons encore un peu pour trouver un moyen de transport. Nous nous postons au bord de la route et faisons du stop chaque fois qu’une voiture passe, soit environ tous les quarts d’heure.

En attendant un moyen de transport à Ara (Sulawesi Sud, Indonésie)

Un kijang finit par s’arrêter et nous propose de nous ramener en mode charter (la voiture est affrétée pour nous seulement) à un prix négocié mais restant excessif.  Tant pis, il n’est pas question de laisser passer notre seule chance de rentrer au bercail !

Vive la Bintang !

Ce soir-là, nous retrouvons Pat et Tonio ainsi qu’un autre Français, Marco, qui vit en Indonésie depuis quelque temps. Il navigue sur les mers du monde depuis 27 ans, et est venu à Bira pour tenter de se faire construire un bateau.

Marco est dans tous les bons plans : il a trouvé un rade qui vend de la bière à Bira !!! Le propriétaire a tout simplement passé un deal avec la police, à coups de billets, pour pouvoir servir de la bière aux étrangers. On fête donc dignement l’anniversaire de Jean-François avec un jour de retard. Merci Marco !

Soirée dans le seul rade du village qui propose de la bière pendant le Ramadan. De gauche à droite : Marco, Pat, Tonio et Jean-François (Bira, Sulawesi Sud, Indonésie)

Retour à Makassar

Le lendemain, nous profitons du kijang réservé par Pat et Tonio pour rentrer à Makassar. Une fois qu’on a vu les pinisis et fait quelques balades dans le coin, il n’y a pas grand intérêt à rester à Bira. On espère pouvoir prendre le bus de nuit le soir même, pour rejoindre le Pays Toraja.

Retour à Makassar avec Pat et Tonio... Et un panneau bien familier (Sulawesi Sud, Indonésie)

Pat et Tonio, quant à eux, terminent leur séjour à Sulawesi et s’apprêtent à rallier Java à bord d’un ferry archibondé de la compagnie Pelni. Au programme : 24 heures de traversée à fond de cale, parmi les rats et les cafards. Une bien belle expérience qu’ils nous feront partager à notre retour à Paris…

⊕ Infos pratiques

» Bus Makassar -> Bira
Trajet : 4 heures depuis la gare routière sud (Terminal Mallengkeri, à 10 km au sud de la ville)
Prix : 70 000 Rp / personne

» Bira Beach Hotel
Chambre double en bungalow (air conditionné), petit déjeuner inclus : 175 000 Rp.

» Kijang charter Bira -> Makassar
200 000 Rp pour 4 personnes

Carte

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Il y a 2 commentaires »

  • Ludovic dit :

    Bonjour,
    j’ai esquissé un sourire à demi-surpris en regardant les photos des bungalows faméliques que j’ai reconnus et en lisant vos rapports avec le gérant du Bira beach.

    Il se trouve que nous y étions passés voilà bien longtemps en 2002 avec un couple d’amis photographes. J’étais intéressé pour photographier les chantiers de construction bugis de Tanah Beru.
    Comme nous voyagions aussi avec notre fille de 7 ans, nous avions pris nos précautions prou éviter les galères, et appelé la veille le Bira beach depuis Sengkang, en venant du Tana Toraja, et lui avions réservé deux bungalows « deluxe bord de mer avec ventilo ». Bien évidemment en arrivant, ils avaient déjà été pris et nous avions hérité des mêmes bungalows où la nuit couraient les rats sur la sous-pente, situés en arrière du jardin de rocaille (!?).
    Le soir, nous apprenions de voyageurs espagnols qu’ils avaient aussi réservé les mêmes bungalows front de mer avec le même insuccès à l’arrivée. Possible qu’il y eut également 4 ou 5 réservations en sus.

    Pour comble, il n’y avait même pas d’eau dans le mandi… le gérant manifestait ostensiblement son peu de préoccupation pour la situation nous renvoyant un seau quite à nous de le remplir au robinet de la cuisine. Nous lui refusâmes le paiement d’acompte et lui fîmes jurer que le lendemain nous arions de l’eau pour la toilette.

    Le lendemain le petit déjeuner fut toujours sec sans aucune eau. alors nous nous mimes à chanter sur n’importe quel air « tidak air, tidak wang » (pas d’eau, pas d’argent); jusqu’à ce que miraculeusement l’eau courante fit sa réapparition en même temps qu’une facture qui, aussi miraculeuse que l’eau, multipliait plusieurs fois les prestations en les additionnant en pied de page.

    Je constate que ce tartufe de proprio est toujours à la hauteur de sa réputation… Bira Beach hotel est bien l’hôtel à éviter au Sud Sulawesi.

  • Marion Bazin dit :

    Bonjour Ludovic,

    Merci pour votre commentaire !
    En effet ce type, sous ses faux sourires, ne m’avait pas semblé très honnête. Nous n’avons pas eu le même problème que vous, car nous n’avions pas réservé et l’établissement était quasiment vide. Mais ce que vous me dites ne m’étonne pas vraiment. Et son côté culpabilisant et moralisateur par rapport au Ramadan m’avait un peu agacée, en tout cas dans la manière de le dire.

    Petites questions : y avait-il plus de monde à Bira en 2002 ? Quelles autres régions de Sulawesi avez-vous visitées à part Tana Toraja et Bira ? Et enfin, comment avez-vous atterri sur mon blog (il est en ligne depuis peu de temps, c’est toujours intéressant pour moi d’avoir ce genre d’infos).

    Merci pour votre visite en tout cas !
    A bientôt :o )

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