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Gili Meno : le bonheur en deux mots

30 septembre 2007 Aucun commentaire

Récit


Courte nuit à Padangbai, que nous n’avons pas vraiment appréciée. Très touristique, cette petite station balnéaire ne présente pas de charme particulier. Mis à part le bon massage au bout de la plage et le petit resto local en front de mer, l’endroit ne mérite pas qu’on s’y attarde.

Guillaume sur la plage de Padangbai (Bali, Indonésie)

Au large de la côte nord-ouest de Lombok, se trouve l’archipel des Gili : trois petites îles côte à côte bordées de corail et aux belles plages de sable blanc. Pas de voiture ni de deux roues ici, juste des carrioles à poney et des vélos. A l’ouest, Gili Trawangan, la plus grande, aussi réputée pour être la plus festive, Gili Meno (« l’île du milieu »), et à l’est Gili Air (« l’île de l’eau »), la plus petite des trois.

Trawangan ne nous attirait pas particulièrement. Le Lonely Planet et les différents témoignages qu’on a trouvés la décrivent comme un petite Koh Pha Ngan avec sa full moon party. On aime faire la fête et boire des coups, mais pas de cette façon-là. Gili Air était présentée comme étant la plus familiale des trois, nous avons donc opté pour Meno, celle du milieu géographiquement et par sa taille, mais aussi le choix intermédiaire entre la fête et les pantoufles !

Nous achetons nos tickets au guichet Perama (la compagnie de ferry), qui se trouve pas loin du port, près de la poste. Pour 200 000 Rp par personne (environ 15€) nous faisons la traversée en 4h30, sur une mer assez agitée, jusqu’à Gili Meno.Le ferry fait aussi la jonction avec Gili Trawangan et Gili Air. Sinon il y a un speedboat qui part de Benoa (au sud-est de Bali) pour Gili Trawangan ; ensuite, des petits bateaux desservent Gili Meno et Gili Air. Le trajet coûte dans ce cas 550 000 Rp (42€) et dure deux heures.

Nous n’avons pas regretté d’avoir chois Gili Meno. Que de beaux souvenirs de cette courte semaine au paradis ! Le grand plus à Meno, ce sont les gens. Quel accueil, quelle gentillesse, quelle simplicité. On a la chance d’être là hors saison, donc ça doit sûrement favoriser les contacts privilégiés.

Faites de beaux rêves

On se retrouve hébergés un peu par hasard dans un tout petit établissement baptisé « Mimpi manis » (doux rêves), qui compte quatre bungalows, un peu en retrait de la plage. Cet endroit n’est pas (encore) dans les guides, c’est le propriétaire qui nous accoste à notre arrivée. On rechigne un peu au début, car on aime bien aller voir les endroits repérés dans le guide, et finalement on se laisse tenter par les doux rêves de Godday.

Notre chouette bungalow à Mimpi Manis (Gili Meno, Lombok, Indonésie)Notre jolie chambre (Gili Meno, Lombok, Indonésie)

Il a monté ses bungalows avec sa copine australienne très récemment. Ils sont spacieux, décorés avec goût, isolés du passage, la salle de bain est à ciel ouvert. La première nuit Godday installe un matelas supplémentaire pour Guillaume dans le seul bungalow disponible : il déménagera dans son bungalow le lendemain. On passera effectivement de douces nuits ici.

Jali Café : des amours de petits hommes, des soirées inoubliables

A deux pas du Mimpi Manis, sur la plage, se dressent les paillotes du Jali Café.

Sur la plage, les jolies paillotes du Jali Café (Gili Meno, Lombok, Indonésie)Tous les jours nous prenons nos repas ici, assis ou affalés sur des coussins, les yeux face à la mer et au volcan Rinjani, que l’on aperçoit au loin.

Vue depuis le Jali Café. En face, Gili Air, et au fond derrière les nuages, le volcan Rinjani (Gili Meno, Lombok, Indonésie)Sabir, Zul, Ada et leurs collègues nous accueillent chaque fois avec un sourire radieux. Plus les jours passent et plus les liens se tissent, en tout cas ceux de la complicité.

Chaque soir nous dégustons de délicieux poissons ou crustacés au barbecue, accompagnés de riz et de légumes.

Zul et Sabir nous proposent la pêche du jour (Gili Meno, Lombok, Indonésie)Guillaume et son homard (Gili Meno, Lombok, Indonésie)

Après le dîner, on se retrouve tous sur les paillotes pour entonner en cœur des tubes connus, accompagnés par les guitares de Godday et Morris, et entraînés par les vapeurs de Bintang et d’Arak.

Godday à la guitare, Ada au djembé (Gili Meno, Lombok, Indonésie)Ça me rappelle tellement le Lac Toba à Sumatra ! Je suis aux anges ; ces moments sont pour moi de vrais instants de convivialité et de complicité. Et ils se transforment toujours en excellents souvenirs. Je les apprécie d’autant plus que je me suis mise à la guitare en début d’année : les gars me prêtent volontiers leur instrument et mon niveau est maintenant suffisant pour pousser la chansonnette. En revanche, mon répertoire ne l’est pas et je tourne forcément un peu en boucle d’un soir à l’autre !

Plongée avec Blue Marlin : des sites sympathiques, d’excellents divemasters

Évidemment on n’est pas venus là que pour s’égosiller sur les paillotes du Jali Café. Tous les jours on a droit à nos deux plongées dans l’archipel.

Départ pour la plongée (Gili Meno, Lombok, Indonésie)Jean-François après une plongée (Gili Meno, Lombok, Indonésie)

Guillaume, de son côté, s’est décidé à passer le PADI Openwater. Il plonge depuis quelques années, mais n’a jamais pris le temps de passer un niveau, du coup il se retrouve sans arrêt à faire des baptêmes. Dommage d’être à Gili Meno et de ne pas pouvoir profiter des plongées, alors que le PADI est si accessible, financièrement et dans le temps. En 3-4 jours il décroche son niveau. Bien sûr, ça lui a quand même coûté beaucoup de lecture, des fins d’après-midi à visionner des vidéos, et des entraînements à la piscine du Gili Air (dur dur quand on a l’eau turquoise à portée de palme).

Guillaume en train de réviser son PADI Openwater (Gili Meno, Lombok, Indonésie)Mais finalement, c’est une bonne chose de faite ! Et nous aurons quand même le loisir de plonger deux fois ensemble avant la fin du séjour.

Sur le bateau avec Guillaume et Jean-François avant la plongée (Gili Meno, Lombok, Indonésie)

Nos deux divemasters locaux, Janto et Suliman, sont excellents. D’abord ils connaissent les sites comme leur poche, et puis Suliman a l’art de dénicher de toutes petites choses. C’est un pro de la macro !

Nos divemasters Suliman et Janto (Gili Meno, Lombok, Indonésie)

Les plongées sont très colorées, l’eau est magnifique, la visibilité très bonne, et les coraux sont en bon état. On n’a malheureusement pas le niveau (CMAS 1) pour aller sur l’épave, mais on garde de bons souvenirs de ces quelques plongées. Petits poissons en tous genres, tortues, diodons, requins pointe blanche, seiches, crevettes en tous genres, gorgones, corail mou… Pas de photos sous-marines, nous ne sommes pas encore équipés.

Guillaume et Jean-François après la remontée (Gili Meno, Lombok, Indonésie)Avec Jean-François à la proue du bateau, après la plongée (Gili Meno, Lombok, Indonésie)

Un centre de protection des tortues

Bolong a créé un centre pour recueillir sur Meno des œufs de tortues et les protéger de leurs prédateurs. C’est le Sanctuaire des tortues de Gili Meno. Les tortues ont été reconnues par l’IUCN (International Union for the Conservation of Nature and Natural Resources) comme étant en danger : il y a bien sûr leurs prédateurs naturels (requins et baleines), mais réchauffement climatique, pollution par le plastique (qu’elle prennent pour de la nourriture), pêche à outrance et développement du tourisme (les tortues déposent leurs œufs sur les plages) sont de réels facteurs aggravants. L’homme les pêche pour leurs œufs, leur viande, l’huile qu’elles produisent (utilisée dans l’industrie cosmétique et pharmaceutique), et pour leur carapace, très recherchée dans la confection de bijoux.

Une fois les œufs éclos, les tortues sont gardées pendant un an dans des bassins dont la taille est adaptée à leur âge. Puis, lorsqu’elles sont suffisamment mûres, elles sont relâchées à l’eau. Les tortues sont nourries toutes les deux heures de poisson cru, du lever au coucher du soleil.

Andi, un jeune de Gili Meno, nous présente les tortues du sanctuaire (Lombok, Indonésie)

Nous n’avons malheureusement pas eu l’occasion d’assister à ce spectacle, mais l’initiative de Bolong est exemplaire. Il existe d’ailleurs un centre de protection similaire sur l’île de Derawan à Borneo (voir l’article Derawan, notre petit trésor du bout du monde).

Pour faire une donation à Bolong et l’aider à protéger les tortues, visitez son site (notamment la page Contact) : Gili Meno turtle sanctuary.

La vie sur Gili Meno

Pendant ces quelques jours, nous nous baladons aussi sur l’île (dont on fait le tour en 30 minutes), et c’est l’occasion de découvrir que tout le côté ouest est totalement laissé à l’abandon. Un resort entier se tient là, désert, le registre des clients est encore consultable, le mobilier du restaurant n’a pas bougé, rien n’a été touché.

Le resort abandonné sur la côté ouest de Gili Meno (Lombok, Indonésie)

On dirait que les derniers occupants sont partis à la hâte, laissant derrière eux leurs affaires. Ça fait un peu ambiance de fin du monde, et on ne comprend pas bien pourquoi ce lieu a fermé. On sait que depuis les attentats à la bombe en 2000 et 2002, le tourisme en Indonésie en a pris un coup. Mais les îles Gili, si proches de Bali, restent quand même une destination prisée.

Plage de la côte ouest (Gili Meno, Lombok, Indonésie)

En tout cas les couchers de soleil de ce côté de l’île sont magnifiques : on aperçoit Gili Trawangan et, au loin, le plus haut volcan de Bali (le Gunung Agung, perché à 3142 mètres).

Coucher de soleil a Gili Meno. En face, Bali et son volcan Gunung Agung (Lombok, Indonésie)

Ça vaut le coup de prendre une calèche en fin de journée pour aller se prendre un petit verre sur la côte ouest.Apéro sunset sur la côte ouest (Gili Meno, Lombok, Indonésie)

Un peu de snorkeling et de bronzette sur la plage nous permettent de rencontrer Paul, un vendeur ambulant de bijoux, étoles, casquettes, hamacs et autres souvenirs. Paul habite Lombok et vient tous les jours à Gili Meno pour travailler. Ses revenus sont bien faibles pour lui permettre de subvenir correctement aux besoins de sa famille, mais il garde le sourire. Un sourire franc et rayonnant, qui cache pourtant une sorte de mélancolie. Paul nous a vraiment touchés. Tous les jours il vient nous dire bonjour, faire un brin de causette, en espérant bien qu’on lui achèterait quelque chose avant de partir, mais sans jamais nous forcer la main. Il porte la gentillesse sur lui, c’est frappant.

Paul et Guillaume (Gili Meno, Lombok, Indonésie)

Après cette merveilleuse semaine, nous organisons une petite fête au Jali Café. Zul et ses acolytes s’occupent d’aller acheter l’alcool à prix local, et nous passons notre dernière soirée, très arrosée, à chanter une dernière fois tous en cœur au son des guitares, et même à danser. Le moment est encore plus magique que les précédents, sans doute parce que c’est le dernier. Tout le monde est là : le personnel du Jali Café,  les guitaristes, les divemasters, Paul, Bolong, et quelques autres locaux qui se joignent à nous. C’est la franche ambiance. Paul nous offre même un collier à chacun, pour nous remercier d’avoir acheté nos souvenirs chez lui.

Dernière soirée au Jali Café. De gauche à droite : Bolong, Muhammet, Ada et Zul (Gili Meno, Lombok, Indonésie)Avec Jean-François et Janto, un de nos divemasters (Gili Meno, Lombok, Indonésie)Sabir au djembé et Zul (Gili Meno, Lombok, Indonésie)Les adorables serveurs du Jali Café (Gili Meno, Lombok, Indonésie)A la guitare avec Godday et Morris (Gili Meno, Lombok, Indonésie)Guillaume et Zul (Gili Meno, Lombok, Indonésie)Avec nos divemasters Suliman et Janto (Gili Meno, Lombok, Indonésie)De gauche à droite : Janto, Emma (la femme de Morris), moi, Morris et Jean-François (Gili Meno, Lombok, Indonésie)Paul, Jean-François et Zul (Gili Meno, Lombok, Indonésie)

Nous quittons Gili Meno le lendemain matin, Paul nous accompagne sur le bateau qui nous emmène en 20 minutes à Lombok. Il dit qu’il vaut mieux qu’il soit là pour nous « protéger » des rabatteurs de Bangsal. Non pas qu’ils soient dangereux, mais c’est vrai qu’après une semaine de sérénité, ça nous a fait bizarre de nous faire tomber dessus de la sorte. Enfin Paul les a gentiment envoyés promener !

Avec Paul sur le bateau qui nous emmène à Bangsal (Lombok, Indonésie)

Il nous accompagne aussi dans la voiture qui nous mène à l’aéroport de Mataram, capitale de Lombok. Jusqu’au bout, il est avec nous, et malgré la gueule de bois et la tristesse, nous sommes ravis qu’il soit là !

Retour à Bali en avion donc, pour gagner un peu de temps. L’appareil de la compagnie Merpati n’est pas tout jeune ; les instructions en français au-dessus des sièges et sur les consignes de sécurité nous laissent penser qu’il s’agit d’un très vieil avion dont une compagnie française ne voulait plus. Nous atteignons Denpasar en une vingtaine de minutes, et notre chauffeur préféré vient nous chercher pour nous conduire à Ubud, où nous passerons notre dernière journée et nuit.

Les vacances se terminent. Nos cœurs sont remplis de belles émotions, et nous sommes tristes de nous séparer de la joyeuse troupe de Gili Meno. Un peu frustrés aussi de ne pas pouvoir rester plus longtemps. Qu’à cela ne tienne, un jour, nous reviendrons à Bali et Lombok, il y a encore tant de choses à y découvrir.

Fin du voyage : dans les airs entre Denpasar (Bali) et Kuala Lumpur (Malaisie)

Carte


 

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