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Accueil » Thaïlande, Malaisie, Indonésie • 2007

Dernière étape indonésienne : Padang

22 mai 2007 1 commentaire

Récit


[Du 11 au 14 mai]

Après le Lac Maninjau, nous voici partis à bord d’un bus public, direction Padang, à trois heures de route. Enfin trois heures, c’est en théorie parce que les bus publics, c’est quelque chose. Au bout d’une heure de trajet, on nous a fait descendre du bus car il fallait soi-disant changer. Pourtant, des locaux à bord du bus nous disaient de rester puisque ce bus allait de toutes façons jusqu’à Padang. Mais le type en charge des billets (sorte d’assistant du chauffeur) nous a forcés à descendre, en nous montrant l’autre bus qu’on devait prendre. Or le bus en question était totalement vide, et on sait très bien ce que ça veut dire : un bus public ne part JAMAIS à vide, et bien sûr on attend que le bus soit le plus rempli possible pour démarrer.

Attente interminable dans une chaleur suffocante : le bus doit être plein avant de partir (Pays Minang, Sumatra, Indonésie)

On a donc regardé le premier bus s’éloigner, en sachant très bien qu’on allait être bloqués là pendant un petit moment. Comme par hasard, on nous a déposés juste devant une petite échoppe, histoire qu’on dépense nos sous évidemment. Ça nous a un peu gonflés de nous faire prendre pour des imbéciles, et en plus il faisait très chaud, il n’y avait pas un brin d’air. Bref on a poireauté là une heure, puis, après avoir fait 20 minutes de route, le bus s’est arrêté pendant encore une demi heure. Un des passagers nous a expliqué que le chauffeur attendait plus de passagers… Je ne parle évidemment pas de l’étroitesse des sièges, conçus pour le gabarit asiatique (petit cul, petites épaules, j’en avais déjà parlé l’an dernier) et de la place ridicule qui est laissée aux jambes… Quelle idée de faire 1m76 en Asie !! Impossible de faire rentrer mes genoux entre mon siège et celui de devant… Très inconfortable !

Arrivée à Padang plus tard que prévu donc, vers 20h. Le temps de trouver une guesthouse, de prendre une douche et de se poser un peu, il est déjà presque 22h. On décide de sortir manger. Mais on découvre une ville déserte, glauque, sans même une petite échoppe populaire ni un bar… On achète donc une soupe de nouilles (genre soupe Mama) dans un petit boui-boui, et on la mange comme des cons, dans un parc un peu sombre. Les rares habitants que l’on croise ont un regard assez pesant.
On se dit que la première impression est mauvaise car il fait nuit, et on est assez optimistes pour le lendemain.

La nuit est courte ce soir-là : notre guesthouse est collée au marché, si bien que dès 4h du matin, je suis réveillée par les marchands qui s’installent, et une musique techno super forte, qui vient de je ne sais où. Il faut aussi ajouter l’odeur immonde de poisson qui traverse les murs et vient m’emplir les narines…

Après quelques heures d’Internet, je décide de faire le marché.

Sur le marché de Padang (Sumatra, Indonésie)

C’est toujours sympa un marché en Asie… Mais pas celui-là. Ça grouillait de monde, il faisait chaud, ça hurlait dans tous les sens (« dua ribu, dua ribu » = 2000), les gens m’attrapaient par le bras, moi je m’agrippais à mon sac. Et là, je dois revenir un peu sur ce que j’ai dit dans un précédent article à propos des regards. Je crois que je ne me suis pas du tout habituée, et qu’effectivement, dans les grandes villes, ce regard reste très pesant, voire angoissant. Parce que ce n’est pas un regard sain qui est suivi d’un sourire, comme dans les campagnes. C’est un regard presque déshabilleur. Et celui-là, il n’est pas normal, pas agréable, trop lourd.

J’ai retrouvé Alice et Francesco un peu plus tard, et ils m’ont dit qu’eux aussi n’étaient pas à l’aise ici. Donc on a décidé de rester collés le reste du temps. Mais même tous les trois, on se sentaient vraiment mal à chaque fois qu’on déambulait dans les rues. Tout les hommes se retournaient sur nous (et pourtant on avait bien les épaules couvertes), certains nous ont lancé des « fuck you » quand on a refusé de leur donner une cigarette, d’autres nous interpelaient en disant « Hello miss, do you want to aha aha » (en imitant le mouvement du coït…) : charmant !

Et puis Padang pue, c’est une infection. Ça sent le poisson partout, et c’est vraiment crade. Les échoppes qui vendent de la bouffe ne sont vraiment pas engageantes, il y a plein de trucs bizarres étalés là, et des cafards partout. Un peu plus tard, en cherchant une agence de voyage pur acheter nos billets d’avion, on est tombés sur un grand centre commercial, où on a décidé de passer notre temps : air conditionné, espaces propres, magasins, et fastfoods. Ben oui, quand tout semble dégueulasse à l’extérieur, la junk food d’un Mac Do ou d’un KFC devient très attirante.

Réfugiés au KFC du centre commercial de Padang (Sumatra, Indonésie)

Deux trucs drôles tout de même : les minibus urbains ultra-colorés, avec des klaxons délirants (genre klaxons de mariage), et tunés (du mot « tuning ») comme c’est pas permis ! Et l’immense et universelle admiration pour Zinedine Zidane !

Bus publics ultra-colorés et calèche à Padang (Sumatra, Indonésie)Un admirateur… Et ils sont nombreux à Sumatra. Presque chaque fois que je disais « je suis française », on me répondait « Zidaaaaane » avec du sourire plein les yeux ! (Padang, Sumatra, Indonésie)

C’est dommage de finir sur cette vision de Sumatra, mais d’un autre côté, ça a rendu la séparation plus facile, car on avait vraiment tous les trois envie de foutre le camp de là. Et puis Padang ne gâche en rien mon sentiment sur Sumatra : je sais ce que j’y ai vu, ce que j’y ai vécu et ressenti, et je sais que je l’ai aimée, profondément. Savoir faire la part des choses, c’est important. La prochaine fois : éviter les grandes villes.

De Padang, j’ai pris un avion pour Kuala Lumpur (capitale de la Malaisie), pour m’éviter un nouveau trajet en bus de 12h (+ 2 heures de ferry) qui aurait probablement été semblable au trajet précédent, et puis pour gagner du temps, car bon sang, le temps passe vite…

Alice et Francesco sont partis pour une autre île de l’archipel indonésien : Sulawesi, un endroit où je rêve d’aller (Jean-François, tu saisis le message ?). Après Sulawesi, ils passeront quelque temps à Bali et Lombok, et partiront ensuite vers l’Australie, où ils vont travailler un peu (pour renflouer les caisses), avant de s’envoler pour l’Inde. Ils ont promis de venir à Paris, je les attends de pied ferme, ce sont deux amours et je suis très heureuse d’avoir fait un bout de chemin avec eux.

Dernière Bintang avec Alice et Francesco, avant les au revoir et le grand retour sur la Malaisie… (Padang, Sumatra, Indonésie)

Mais là il faut repartir toute seule, et d’une certaine façon, je suis assez contente : c’est bientôt la fin du voyage et j’ai envie de le vivre uniquement pour moi, sans attente particulière. Juste moi et moi…

Carte


 

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Il y a un commentaire »

  • Amina dit :

    Salut, salut!!!

    Ouais ça laisse bien songeur.

    Le voyage se termine sur une note bien triste mais enfin tu as raison cela a l’avantage de créer une transistion avec le retour.

    Bon, ben j’espère que tes dernières heures (pour cette deuxième étape bien sûr) seront pleines de réflexions sympathiques et constructives quand même.

    Je t’attends de pied ferme pour un resto ou un dîner chez vous par exemple (sans prétention de ma part).

    Je t’embrasse et te dis à très bientôt

    Amina

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