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Accueil » Thaïlande, Malaisie, Indonésie • 2007

Du Lac Toba à Bukittinggi : le bus de l’impossible

15 mai 2007 4 commentaires

Récit


Contrairement à l’an dernier, je n’ai encore rien écrit à propos des bus en Indonésie. Mais voilà un trajet qui vaut la peine d’être raconté.

Nous retraversons le Lac Toba en ferry avec Alice, Francesco et Ben, qui nous accompagne jusqu’à la gare routière. Les cœurs sont lourds…

Départ un brin nostalgique, après une semaine passée au Lac Toba (Sumatra, Indonésie)Dernières accolades en attendant le bus (Prapat, Lac Toba, Sumatra, Indonésie)

Depuis le Lac Toba, nous prenons un « executive bus » pour Bukittinggi. En Indonésie, on a le choix entre la classe « ekonomi » (les bus publics qui prennent des passagers n’importe où en route et n’ont pas l’air conditionné), et la classe « executive » (bus privés avec sièges inclinables, toilettes, air conditionné, nombre de passagers fixe, car on réserve sa place). Pour les longs trajets comme le nôtre (entre 16 et 18 heures), il est préférable d’opter pour l’executive. Mais il faut s’attendre à pas mal de déconvenues quand même.

Départ de Prapat (Lac Toba) à 16h30. Nous sommes tous trois placés à l’arrière du bus, à côté des toilettes… Première erreur (mais on ne choisit pas son siège) : une odeur atroce d’urine et de merde pendant 16h, à la limite du supportable. Et là, le meilleur ami du passager : le baume du tigre. J’avais laissé le mien en soute, mais je bénis Alice d’avoir eu le sien à portée de main. Régulièrement, une petite application sur le nez, et l’on oublie l’odeur nauséabonde.

Baume du Tige, accessoire indispensable pour tout voyage !

Deuxième chose : bien que la réservation des sièges soit nécessaire, les compagnies de bus n’échappent pas à la règle indonésienne de remplissage. Donc, chaque siège est occupé, mais pour rentabiliser un peu plus, des tabourets en plastique sont placés dans l’allée centrale, et des passagers passent 16 heures dessus. Évidemment c’est impossible de tenir le coup droit comme un I sans dossier, alors les gens s’affalent sur ceux qui ont un vrai siège. J’avais à côté de moi un homme qui ne cessait de prendre mon épaule pour un oreiller, et une femme, assise par terre, qui faisait de même avec ma cuisse droite. Je sais que le trajet n’est pas cool pour eux, mais c’est quand même très pénible de se voir dormir dessus comme ça (après tout je ne suis pas responsable des pratiques de la compagnie de bus). Plusieurs fois j’ai donc dû demander à mes voisins de me laisser un peu d’espace vital, et comme ils ne comprenaient pas, je remuais pour les faire dégager de là.
Derrière moi, un homme également assis sur un tabouret (car j’étais assise au dernier rang, juste avant la porte arrière) passait son temps à me tirer les cheveux car il s’agrippait à mon appui-tête à chaque virage, et s’en servait accessoirement comme oreiller…

Bus à Bukittinggi (Sumatra, Indonésie)

De l’autre côté, sur le siège à ma gauche, un père et sa petite fille de 2-3 ans, qui, quand elle ne vomissait pas par terre, me dormait dessus également, en appuyant sa tête sur mon bras. Et ce qui devait arriver arriva : elle m’a vomi dessus en se réveillant !!! Super !

Passons ensuite à la propreté : les Indonésiens sont en général assez peu soucieux de l’environnement. Ils balancent leurs détritus n’importe où, y compris dans les bus. Pourtant dans le bus, des poubelles sont placées le long de l’allée, entre les tabourets. Mais tout le monde semble s’en moquer et balance ses détritus par terre. Si bien qu’aux arrêts, lorsque la lumière s’allume, on découvre un parterre de peaux de bananes, bouteilles, canettes, écorces de cacahuètes, mégots et j’en passe.
Car oui, j’allais oublier : les executive bus sont en principe non fumeurs (climatisation oblige), mais voyons on est en Indonésie, alors tout le monde ignore la règle. Autant la fumée ne me dérange pas dans les bus publics (car toutes les fenêtres sont ouvertes), mais dans un bus climatisé, c’est vite gênant… Ceci dit à la limite, je me suis parfois demandée ce que je préférais : l’odeur de l’urine ou celle de la clope !! Et puis c’est vrai que beaucoup fument des kreteks, donc l’odeur du clou de girofle est plus supportable que celle d’une cigarette ordinaire.

A présent la route : la région que nous avons traversée est plutôt montagneuse. Au menu donc : beaucoup de virages, et des routes parfois très étroites. Ajoutons à ça l’état des dites routes. On a passé des endroits vraiment catastrophiques : le bus tanguait comme un bateau dans la houle, de gauche à droite, si bien qu’on s’est parfois demandé si on n’allait pas se renverser d’un côté ou de l’autre. C’était vraiment impressionnant et flippant à certains moments. Et puis les chauffeurs conduisent comme des dingues, et passent leur temps à klaxonner, pour prévenir qu’ils arrivent.
Dans ce contexte, pas étonnant que les Indonésiens soient TRES malades à bord des bus. J’en ai vu plus d’un se pencher pour vomir. Et c’est là que j’ai compris à quoi servaient les poubelles (je vous laisse imaginer…). Je vous laisse aussi imaginer l’odeur qui en résulte et qui vient s’ajouter à celle des toilettes.
Dernière petite note du même style : les Indonésiens rotent, ce n’est pas considéré comme impoli. Au contraire, roter après le repas par exemple, est un signe qu’on a bien mangé, une sorte de « merci chérie, c’était bien bon » !! Alors, après le repas je veux bien, mais le type qui était derrière a passé le trajet à roter, bien fort évidemment, sinon c’est pas drôle.
Bref, heureusement que je n’ai pas le mal des transports, parce qu’entre la route, les odeurs diverses, le spectacle des gens malades, la petite fille qui me rend dessus, et les rots, j’aurais été bien en forme !!

En 16 heures de route, seulement trois arrêts d’une demi-heure chacun, que l’on met a profit pour se dégourdir les jambes, manger un morceau, respirer la bonne odeur de la nature, et aller faire pipi dans un champ (car les toilettes des gares routières ne valent pas mieux que celles du bus).

J’allais oublier la TV et le karaoké diffusé pendant plusieurs heures, à un volume bien supérieur au nombre de décibels qu’un humain peut supporter… Impossible de dormir dans ces conditions évidemment.

Arrivée à Bukittinggi à 8h30 le lendemain matin, dans un état pitoyable, mais tellement heureux que ce soit terminé… Amina tu réclamais des trucs « roots » dans un de tes premiers commentaires, te voilà servie au moins !!!

J’ai enfin pu mettre en ligne des photos de Sumatra (dans l’album photos « Indonésie » que je viens de créer). Il manque encore celles du trek dans la jungle, dont une partie est fichue car le CD que j’ai gravé est abimé, et l’autre partie est sur une carte mémoire que je n’ai pas sur moi…

Carte


 

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Il y a 4 commentaires »

  • Murielle dit :

    Coucou ma Marion,

    Un petit coup d’oeil sur ton blog avec ma mère et Michel qui nous rendent visite à Münster. On est tous impressionnés par ton aventure asiatique. Félicitations pour ton super site. On a un peu l’impression de t’accompagner dans ce voyage.

    Bisous de nous 5 (Dominique, Michel, Frank, Murielle avec Eléonore)

  • Amina dit :

    Salut,

    Je crois que j’ai été bien inspirée hier de ne pas aller sur ton blog, comme une petite prémonition. Dans mon précédent message, je t’avais pourtant demandé de ne pas mettre de pluie dans tes récits parce que cela gachait le paysage et là qu’est-ce que tu m’offres, un tsunami d’horreurs. Heureusement que j’ai déjà mangé autement je serais allée dormir le ventre vite. Oh mon dieu comment as-tu pu supporter tout cela. Ah oui combien offrais-tu de côtés parce qu’il me semble que le nombre de personnes affalées sur toi dépasse le nombre de côtés que tu es susceptible d’offrir.

    Je t’embrasse

    Amina

  • Steff dit :

    Salut Tchoupi,

    C cool que tu aies enfin mis des photos. T’as vachement maigri !!!

    Dommage que tu n’aies pas pu mettre celles du treck dans la jungle, mais bon c’est déjà bien de pouvoir visualiser cxe que tu rancontes déjà si bien.

    Il ne te reste que qq jours avant ton retour et j’espère que tu en profites un maximum, que tu en prends plein les yeux. Ca va être génial que tu nous racontes en direct live toutes tes aventures qui ont l’air encore bien riches et bien intenses.

    Je suis contente que tu aies rencontré des gens sur ta route et que vous ayez pu vivre des aventures géniales en immersion totale dans la vie locale. Ca doit être une expérience géniale et j’espère que tu en retiendras plein de choses!!!

    Ici tout va bien, j’ai fait l’enterrement de vie de jeune fille d’Audrey hier, on s’est bien marré, c’était vraiment sympa. Je suis rentrée à 4h30 du mat, depuis 9h15 du matin, ce fut une journée palpitante.

    La soirée rhum mercredi soir était sympa aussi, rentrée à 5 du mat, bien bu du rhum qui donne pas mal à la tête et vu de super photos de la Réunion et de l’Ile Maurice. Bref j’ai de la chance moi, entre ma soeur et mes potes, je voyage pour pas un rond…. LOL.

    Bon ben je te souhaite de fabuleux derniers jours, profites en bien et rentres nous en pleine forme.

    Je te fais de gros bisous

    Steff

  • [...] Pour vous mettre en condition, voici un petit article que nous avions lu sur le net avant de partir : “le bus de l’impossible“ [...]

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