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Accueil » Thaïlande, Laos, Cambodge • 2006

Trajet Sihanoukville – Koh Samed : la Thaïlande, ça se mérite !

21 mars 2006 Aucun commentaire

Récit


Quand j’étais à Phnom Penh, Éric (qui m’a hébergée à Bangkok) m’a proposé de le rejoindre à Koh Samed, une île au sud de Bangkok, pour mon dernier week-end. Au lieu d’une semaine, j’allais pouvoir passer deux jours sur une île, avec des gens chouettes. J’ai en plus trouvé un billet de bus direct de Sihanoukville à Koh Samed, moyennant 29$ et 12h de trajet (billet non échangeable, non remboursable).
Sauf que je me suis arrangée pour rater le bus à 7h du matin vendredi. Quand le réveil a sonné à 6h, j’ai appuyé sur Éteindre au lieu de Répéter. Et quand je me suis réveillée, il était déjà 7h30. Je suis allée frapper chez Brenton, qui devait partir pour Siem Reap ce jour-là… même histoire pour lui. Bel acte manqué ! De toute évidence je n’allais pas pouvoir être à Koh Samed avant le samedi soir, ce qui amputait considérablement le week-end.

Je suis donc allée à l’agence qui m’a vendu le billet, elle était fermée… Bizarre pour un vendredi. J’ai téléphoné au numéro indiqué sur mon billet, et je me suis faite engueuler pendant 5 minutes par un type qui a jugé utile de me faire la morale comme si j’avais commis un péché. « Vous étiez en retard, comment ça se fait, le mini-bus vous a attendu pendant 20 minutes, pourquoi étiez-vous en retard… ? » J’avais beau répondre que je ne m’étais pas réveillée, il répétait en boucle les mêmes choses.
Quand j’ai demandé si je pouvais échanger mon billet pour le lendemain, et s’il pouvait me faire une faveur parce que ça représentait beaucoup d’argent, il a recommencé à me faire la morale, puis m’a raccroché au nez alors que je lui parlais. Bonjour le service client !

J’ai alors tenté ma chance à la gare routière. Même topo : on m’a reproché d’être en retard, et d’avoir acheté mon billet dans une agence. « Si vous l’aviez acheté directement auprès de nous, nous aurions peut-être pu faire quelque chose. Retournez donc à l’agence. « Là encore, j’avais beau répéter que l’agence était fermée, et que le gars du siège m’avait raccroché au nez, les types ne voulaient rien entendre. Ils tournaient en boucle : « Allez à l’agence, c’est eux qui sont responsables, pas nous ». Dialogue de sourds. J’ai demandé au type s’il pouvait appeler le siège pour moi, et expliquer le problème en khmer, pour trouver une solution. Il m’a répondu « oui, bien sûr que je peux le faire, mais ça va me coûter une conversation téléphonique. »
La colère montait, mais je savais que ça ne servait à rien de la laisser sortir. J’étais là avec mon billet périmé, personne ne voulait me l’échanger, on me répétait des choses inutiles, qui ne font pas avancer le schmilblick. Autre détail : il me restait 15$ sur moi, et à Sihanoukville, pas de distributeur. Quand j’ai réalisé qu’il me restait si peu, il était déjà 16h, et la banque était fermée, donc pas même possible de retirer au guichet… Et là je me suis dit : je suis à 10 000 km de chez moi, il me reste 15$, je ne peux pas me payer le bus, et de toutes façons personne ne veut me vendre un billet sous prétexte que j’ai fait des infidélités à l’entité Gare routière. Alors je fais quoi ? Je reste ici pour toujours ?

Je ne savais plus si ça valait le coup d’aller à Koh Samed, s’il fallait que je retourne à Phnom Penh pour prendre un bus ou un avion pour Bangkok. C’est con la vie quand même : il me restait 5 jours de vacances, Éric n’était à Koh Samed que jusqu’au dimanche soir, et il a fallu que je rate le bus. Au milieu du voyage, ça n’aurait eu aucune conséquence. Un jour plus tôt, un jour plus tard, quand personne ne t’attend nulle part, ça n’a pas d’importance. Mais ce ne sont pas les autres bus sans importance que j’ai ratés, c’est celui-là : celui qui m’a coûté 29$ (alors que tous les autres bus ne dépassaient pas 5$), celui pour lequel le timing comptait tant, celui qui n’était pas échangeable, celui que j’ai acheté auprès d’une agence qui a décidé de faire le fantôme un vendredi.

L’ironie de l’histoire, c’est que Brenton, lui, a pu échanger son billet à 7$ sans problème. Il l’avait acheté dans une autre agence. Cette agence ne vendait pas ma destination… Ça m’a foutu encore plus en boule. Après avoir maudit la terre entière (y compris moi-même) toute la journée, je me suis décidée à acheter un billet pour Phnom Penh à 3$, et à renoncer donc à Koh Samed. De Phnom Penh j’allais pouvoir retirer de l’argent, dîner peut-être avec Aline et Lucas le samedi soir, et repartir le dimanche pour Bangkok : 17h de bus !!!

Après conversation avec Brenton, qui m’a proposé de m’avancer les 30$, puis avec Jean-François qui m’a dit qu’il fallait que je mette mon orgueil de côté et que j’accepte que Brenton me rende ce service, je me suis résolue à tenter ma chance le samedi matin à la gare routière, car j’avais vraiment envie d’aller à Koh Samed et de voir Éric. Retourner à Phnom Penh ne m’enchantait pas vraiment. J’allais perdre les 3$ du billet pour Phnom Penh, mais quand on en a déjà perdu 29, qu’importe !
Arrivée à la gare routière à 6h45 le samedi, je tombe sur le connard de l’agence assis dans un mini-bus. Il s’excuse 100 fois de ne pas avoir été là la veille. Mais il me dit qu’il va bel et bien falloir que je repaie si je veux prendre ce bus. Le type est allemand, je me dis qu’on vient du même monde, qu’il est peut-être plus compréhensif que les Khmers de la veille. Alors je lui demande s’il ne peut pas faire une exception. Il refuse, en me disant que ce n’est pas lui le boss. Bref, avec les 30$ de Brenton en poche, je paie mon second billet.
La route vers la frontière thaï est goudronnée pendant une heure, puis c’est de la piste. Terre battue et nids de poule pendant au moins 6h. On traverse plusieurs fois des rivières sur des ferry, j’ai l’impression que je n’arriverai jamais. En même temps j’essaie de profiter de ce dernier trajet, car les paysages sont plutôt sympathiques. On est 4 à l’arrière sur une banquette faite pour 3, on se transpire dessus, c’est super ! La route monte puis descend en permanence, y’a des 4×4 partout, et là, c’est vraiment justifié. Dites aux kékés parisiens de venir faire les malins sur cette route avec leur 4×4, là ça sert à quelque chose. Visiblement, la route pour sortir du Cambodge n’est pas en meilleur état que celle qui m’a permis d’y entrer. Je me dis que dans ce pays, tout est forcément difficile. Non que les routes pourries soient un réel problème. Mais c’est juste que ça m’a fait marrer de constater qu’entrer et sortir de ce pays est laborieux.

Arrivée à la frontière thaï, un type demande à voir nos billets pour répartir les gens dans plusieurs minibus (nous n’allons pas tous au même endroit). Quand il voit Koh Samed sur mon billet, il me dit que ça ne va pas être possible, que le bus est cassé !!!!!!!!!!!! Là, je le regarde droit dans les yeux et je lance un « WHAT ? » d’effarement. Il m’explique qu’il va me rembourser la moitié de mon billet et que je ne peux pas aller plus loin. Là j’hallucine. Pourquoi faut-il que ça débloque à ce point ? Si je ne suis pas à Koh Samed ce soir, je n’ai aucune raison d’y aller. Alors j’ai fait tout ça pour rien ? Pourquoi ne suis-je pas allée à Phnom Penh ? Je suis presque à bout, mais je garde mon calme. Être ferme, mais rester calme, c’est la règle d’or. J’explique donc fermement au type : « je dois être à Koh Samed ce soir, j’ai payé 29$ pour ce billet, je n’ai pas d’autre choix que d’y être ce soir, vous comprenez, ce soir. Trouvez une solution, si le bus est cassé, ce n’est pas mon problème, je dois être là-bas, je ne peux pas rester ici. » Il me répond qu’il va essayer de trouver une solution.

Après le passage de la douane, on finit par me faire monter dans le minibus à destination de Bangkok. Au bout d’une heure, une pluie torrentielle s’abat sur la route, je suis assise à côté d’une fenêtre et visiblement, le bus n’est pas étanche. Je me prends une rincée mémorable (ça annule la transpiration du premier bus). On s’arrête, et là on me met dans une voiture avec deux autres types qui vont à Pattaya (au nord de Koh Samed). Au passage, on me prend mon billet, et dans la précipitation, j’oublie de demander qu’on me le rende. A partir de là, ça va beaucoup plus vite : d’abord parce qu’on est en Thaïlande, et que les routes sont tip-top, et ensuite parce qu’on est en voiture et que le gars appuie sur le champignon. J’arrive à Rayong vers 18h15 pour prendre le ferry qui doit m’emmener à Koh Samed, et là on me demande de payer. J’explique que j’ai déjà payé le ferry, que c’était compris dans mon billet de bus. Et évidemment on me demande mon billet, que je n’ai plus. Et allez, encore 1/4 d’heure de négociation pour me faire entendre. Je demande au chauffeur de la voiture d’expliquer en thaï qu’un type a pris mon billet au changement de véhicule. Je finis par m’en sortir, et j’obtiens mon billet sans payer de surplus. Je grimpe sur le ferry, et après 30 mn de traversée, me voilà à Koh Samed. Il est 19h, ça fait donc bien 12h que je suis partie. Je retrouve Éric, ses potes et sa maman, j’ai bien cru que cette journée ne finirait jamais !

Ile de Koh Samed, à 3h de Bangkok (Thaïlande)

Carte

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