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Accueil » Thaïlande, Laos, Cambodge • 2006

Siem Reap et les temples d’Angkor

12 mars 2006 1 commentaire

Récit


Après plusieurs jours passés dans les bus, je me suis posée trois jours à Siem Reap, étape obligatoire pour aller visiter les majestueux temples d’Angkor. Siem Reap se trouve au nord-ouest du Cambodge.

Arrière du Bayon (Siem Reap, Cambodge)

J’avoue que mon impression n’a pas été très bonne. Après la paix absolue qui régnait au Laos, je me suis sentie un peu agressée à Siem Reap. Tout le monde te saute dessus pour t’emmener en moto-dop, la ville est sale par rapport aux villes du Laos, ça klaxonne, la circulation est un vrai bordel, on ne sait pas où traverser, ça roule dans tous les sens, c’est bruyant, les prix sont différents d’un endroit à un autre. Peut-être qu’en commençant par le Cambodge, j’aurais été moins surprise, mais c’est vrai qu’après le Laos, on se retrouve parachuté dans un monde qui va trop vite, trop fort, et je n’ai pas aimé ça.
Ajoutons à ça la mort de mon appareil photo : cette fois c’est sûr, ce n’est pas la batterie qui a rendu l’âme, c’est l’appareil lui-même. Je voulais en acheter un nouveau mais les prix sont trop élevés pour mon budget, donc je me suis résolue à fonctionner avec des jetables. Évidemment, ça me coûte cher, et c’est vraiment merdique à manipuler : pas de zoom, tout petit viseur… Je me sens handicapée avec ce truc-là, sans parler de la qualité des images… Et puis bien sûr, je ne peux plus mettre en ligne mes photos pour le moment.

Côté prix, le Cambodge est aussi très pénible. Il faut négocier pour absolument tout. Je peux vous dire que je suis devenue presque pro en la matière. Mais ça finit par agacer. Au Laos on négociait surtout pour les tuk-tuks et un peu les chambres, mais tout le reste était à prix fixe (l’eau, les cigarettes, les cartes postales..). Ici non, tu peux payer ta bouteille d’eau 500 riels (10 centimes d’euro) à un endroit et puis 8000 riels (1,60 €) un peu plus loin. A Siem Reap, certains acceptent de négocier et te demandent rapidement combien tu veux payer, mais d’autres commerçants s’en fichent complètement : si tu n’achètes pas, ce sera quelqu’un d’autre, Siem Reap est très touristique, ils savent qu’ils vont vendre à n’importe quel prix.

Une chose assez énervante aussi : la monnaie officielle est le dollar américain. Ne voulant pas cautionner ça, j’ai échangé mes traveller chèques contre des riels, mais quand tu paies en riels ils te rendent la monnaie à la fois en riels et en dollars. Donc tu finis toujours par avoir des dollars dans ton porte-monnaie, et c’est un vrai bazar. Bref on ne peut pas vraiment aller contre le système. Même les locaux paient en dollars. Je discutais avec le gérant d’un resto français, qui m’expliquait que petit à petit le riel revient : on peut aujourd’hui payer ses taxes et ses charges en riels, alors que le dollar était imposé avant. A Siem Reap d’ailleurs, pas un seul prix n’est affiché en riels. Donc si tu as des riels dans ton porte-monnaie, à toi de faire la conversion. Je trouve ça anormal. On est au Cambodge bon sang, que vient foutre le dollar US ici ?????
Pour la visite d’Angkor, un truc pas mal aussi, c’est que tu ne peux pas payer en carte visa. Ca m’aurait bien arrangée car j’étais un peu à court de liquide. Ben non, pas possible, cash only !!
C’est comme si tu refusais la carte bleue à la Tour Eiffel, c’est hallucinant non ? Et évidemment, pas de distributeur à proximité. Du coup j’ai payé en euros car je n’avais pas assez de dollars. Il faut savoir que seulement 10% des recettes d’Angkor vont dans les caisses du bureau chargé de la conservation du site. Une grosse partie revient à une compagnie pétrolière (tiens donc) et l’autre grosse partie au Ministère des finances. Évidemment, pour ces gens-la, c’est plus commode d’avoir du cash, ça laisse moins de trace.

Mes impressions sur Angkor

Je ne peux évidemment pas nier le fait que le site est vraiment très beau, et comme il est impressionnant de s’imaginer que des gens ont construit tous ces temples à mains nues, entre le Xème et le XIIème siècle je crois.

Le temple Ta Keo (Siem Reap, Cambodge)

Mais je pense encore une fois que j’attendais trop d’Angkor. Finalement, je n’ai pas réussi à appliquer ma théorie du « je n’attends rien » et c’est donc un nouveau constat que je fais : il est tout simplement humain d’avoir des attentes, et ne pas en avoir reste quelques chose de très difficile. En tout cas, je ne suis pas encore parvenue à ce stade.

Bref, je pensais être totalement époustouflée par Angkor Vat et tous les autres temples, et ça n’a pas été le cas. Bien sûr l’architecture est magnifique, et je pense que ça vaut le coup d’œil.

Arrière du Banteay Kdei (Siem Reap, Cambodge)Une des tours du fameux temple Angkor Vat (Siem Reap, Cambodge)Angkor Vat (Siem Reap, Cambodge)Visage du Bayon (Siem Reap, Cambodge)

Mais au bout d’une journée, une pierre est une pierre quoi ! Et pas mal de temples se ressemblent au niveau de la structure.
Il faut préciser qu’il fait extrêmement chaud en ce moment au Cambodge. On n’est pas loin de la période la plus chaude de l’année. Et passer sa journée à monter et descendre les marches des temples aux pierres brûlantes, c’est crevant. D’autant que la plupart des marches sont extrêmement raides, et ultra étroites, ce qui fait que parfois, c’est presque de l’escalade.

Escaliers ultra raides et tours du temple Angkor Vat (Siem Reap, Cambodge)

J’avais pris un pass pour 3 jours, car je pensais qu’un jour était trop court, mais je crois qu’une journée m’aurait suffit, en commençant assez tôt le matin. En plus, il faut avouer que la visite d’Angkor est un vrai trou dans le budget d’un routard, qui tourne en général autour de 10 $ par jour. Comptez 40 $ pour le pass 3 jours, puis 25 $ (que j’ai dealés avec brio car on m’en demandait 35) pour un chauffeur de moto-dop pendant 3 jours. En effet Angkor se trouve à 6-7 km de Siem Reap, et une fois sur place, il y a deux circuits : le circuit court qui s’étend sur 17 km, et le circuit long qui parcourt 24 km si ma mémoire est bonne. Si on ne s’appelle pas Marion Bazin on peut sans doute faire tout ça à vélo, mais franchement, la chaleur était trop suffocante. Pédaler toute la journée puis s’arrêter pour grimper des marches en plein cagnard, par 40°C, faut être maso !!
Sinon y’a la solution tuk-tuk, mais ça ne vaut pas vraiment le coup si on est seul.
Mon chauffeur (Hann) était très sympa. Il m’a trimballée partout. Et j’avoue que les moments passés sur sa mob entre les temples étaient une sorte de récupérateur : quand on roule, même si on est en plein soleil, on a de l’air et on arrête enfin de transpirer… jusqu’au temple suivant.

Hann, mon chauffeur de moto-dop pour la visite des temples à Angkor (Siem Reap, Cambodge)

Autre chose qui m’a un peu pesée à Angkor : les sollicitations permanentes des vendeurs de tout et de rien. Boissons, bouffe, écharpes, sculptures, bracelets, sacs, cartes postales… Tout le monde te court après sans arrêt, et ne te lâche pas la grappe. Ils te suivent, te bloquent le passage. Ce qui est d’autant plus choquant, c’est que la plupart sont des enfants, qui bien sûr ne vont pas à l’école. C’est difficile d’envoyer balader un enfant. Mais en même temps on ne peut pas acheter à tout le monde. Et puis quand tu as dit « non » 20 fois et qu’ils te suivent toujours, ça commence à devenir lourd. Mais il faut garder son calme et répéter toujours la même chose « no thank you, I don’t want this ». Ils finissent par s’épuiser. La plupart des enfants parlent anglais et français. Ils ont appris au contact des touristes. Ils viennent vers toi en demandant d’où tu viens. Quand tu réponds France, ils répliquent aussitôt « capitale Paris », tous sans exception. Puis ils te demandent, en français, comment tu t’appelles, et souvent ils te chantent « Frère Jacques » ou « Au clair de la lune ». Du coup tu chantes avec eux.

Ils font aussi du chantage affectif par rapport à l’école. Ils te demandent d’acheter leur marchandise pour qu’ils puissent aller à l’école. Tout le monde sait que c’est faux, que l’argent va aller directement dans la poche des parents. Alors bien sûr ça les aide, mais ce n’est pas avec ça qu’ils vont se payer une scolarité, parce que les parents vont continuer à les envoyer faire les petits vendeurs, ça rapporte bien. Angkor est un des sites les plus visités au monde, je ne sais plus combien de touristes y passent chaque jour, mais je sais que c’est énorme. Et évidemment parmi eux, il n’y a pas que des routards fauchés comme moi. C’est blindé d’Américains et de Japonais qui achètent à tout va.

D’ailleurs c’est un des derniers aspects un peu chiant de Angkor : la foule. A n’importe quelle heure de la journée, c’est plein de monde. Difficile de faire une photo sans personne devant. Je crois que je n’étais pas habituée à ce genre de tourisme depuis mon départ, et ça m’a aussi un peu gonflée.
Je pense aussi que la visite d’Angkor est plus intéressante si on la fait à plusieurs. On peut passer un moment dans chaque temple à discuter. Alors que tout seule, que fait-on une fois arrivée en haut des marches ? On boit de l’eau, on lit le paragraphe concernant le temple dans le Lonely Planet, on regarde un peu le détail de certaines sculptures, on regarde les gens, on se demande pourquoi il fait aussi chaud, on reprend son souffle, et on redescend ! Il aurait fallu que je prenne un bouquin avec moi, mais je n’avais pas envie de trimballer mon sac a dos, et mon petit sac en bandoulière est trop petit pour contenir un livre.

Pour terminer sur une note positive, il y a un temple que j’ai trouvé au-dessus de tout : le Ta Phrom, celui qui a été totalement envahi par la jungle. Quand le site d’Angkor a été redécouvert au XIXème siècle après plusieurs siècles d’abandon, les racines avaient envahi certains temples. Nombre d’entre elles ont été enlevées, mais à Ta Phrom, les racines soutiennent carrément la pierre. Les retirer entraînerait automatiquement la chute du temple.

Une des racines les plus impressionnantes du Ta Phrom (Siem Reap, Cambodge)Entrée du Ta Phrom, envahi par la jungle (Siem Reap, Cambodge)Le Ta Phrom (Siem Reap, Cambodge)Cette partie du Ta Phrom a été réquisitionnée par Jean-Jacques Annaud, pour le tournage du film Deux Frères (Siem Reap, Cambodge)

Je suis restée deux heures là-bas, à contempler la façon dont la nature a repris ses droits sur la pierre, sur l’homme. Il y a un côté magique, extrêmement fort et totalement surprenant.
Et puis le troisième jour je suis allée visiter deux temples qui sont un peu à l’écart du site principal, à l’abri de la foule.

Le temple Banteay Srei, à 20 km des autres temples (Siem Reap, Cambodge)Là j’ai vraiment apprécié, j’ai pu rester plusieurs heures assise à l’ombre d’un mur à bouquiner les pages Histoire de mon Lonely Planet. C’est d’ailleurs assez intéressant de lire l’histoire tragique du Cambodge au beau milieu des vieilles pierres.

Carte


 

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Il y a un commentaire »

  • Steff dit :

    Salut sister,

    Dollars US, compagnie pétrolière: hum hum je comprends que ce n’est pas vraiment ce que tu es venue chercher que tu as trouvé au Cambodge!

    C’est marrant comme on sent dans la rédaction de tes brêves que tu es déçue par rapport à ce que tu disais sur le Laos.

    En même temps, je trouve que voir tout cela c’est aussi une étape dans ton voyage: voir comment deux pays voisins ont évolué différemment et sont plus ou moins atteints par le tourisme de masse de tous ces occidentaux venus chercher du dépaysement.

    Enfin quoiqu’il en soit je pense que tout ça ça te fait une sacrée expérience tu auras tellement vu de choses différentes que tu en tireras toujours quelque chose.

    En tout cas: en rentrant tu n’auras plus jamais le droit de me dire que je suis une stressée au volant. Je klaxonne pas toutes les 30 secondes moi, et surtout pas en ce moment, c’est la merde mon klaxon est HS. Bon en même temps je suis pas chauffeur de bus, au milieu des vaches, des tuks tuks et des piétons….

    Cela dit pour l’anecdote, les routes à Megève en ce moment sont tellement pourries que ça doit peu ou prou se rapprocher des routes du Laos ou du Cambodge! Des trous partout, c’est presque des chemins de pierres. En gros si tu roules pas en Cayenne ou ML, c’est à dire si tu as pas le + gros 4×4 qui pollue bien immatriculé en 75, 92 ou 69 et ben non seulement tu défonces ta caisse mais en + tu te défonces le dos! Bref on fait tous contre mauvaise fortune bon coeur et on roule à 10 km/h.

    Bon en même temps, nos voitures ont certainement plus d’amortisseurs et de confort que les bus que tu as pu prendre en Thaïlande, au Laos ou au Cambodge. Ah confort quand tu nous tiens!!!

    Enfin Marabout, ton périple s’achève et dans une petite dizaine de jours tu seras de retour dans notre bon vieux monde occidental et je t’annonce l’hiver s’éternise et ça caille.

    En tout cas, tu me manques et je sais pas si toi t’as envie de rentrer mais moi je t’avoue qu’il me tarde d’être au 22 mars (bon Ok au 23, je vais pas te harceler le 1èr soir), pour te parler des heures au téléphone. J’ai vraiment vraiment beaucoup de trucs à te raconter.

    Voilà ma sister, je te fais plein d’énormes bisous et essaie de te mettre sur msn, je me connecte tous les jours et unfortunately, tu es toujours toujours hors ligne, c’est désespérant.

    Allez take care.

    Plein de bisous

    Steff

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