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Accueil » Thaïlande, Laos, Cambodge • 2006

Les 4000 îles du sud Laos

3 mars 2006 1 commentaire

Récit

Après Pakse et le plateau des Boloven, direction Si Phan Don (les 4000 îles) pour finir mon séjour au Laos dans un coin de paradis. Sur les 4000 îles, beaucoup ne sont en fait que des bancs de sable, et il y a réellement 3 îles accessibles : Don Khong, au nord de l’archipel, où j’ai dû faire escale une nuit pour changer de l’argent (dernière banque disponible avant le « bout du monde »), Don Det et Don Kon.

Coucher de soleil un peu voilé sur le Mekong (Don Kong, Laos)

C’est sur Don Det que je me suis installée, avec Cynthia et Gilly, un israélien rencontré dans le bus. Le jeunot vient de faire 11 mois de voyage pour se remettre de ses 3 ans d’armée.

La chevelure hallucinante de Gilly, un Israélien qui voyage depuis 11 mois, pour se remettre de son armée (3 ans) (Don Kong, Laos)

Mon impression générale sur Don Det n’est pas excellente. Il semble que cette île se soit développée trop rapidement, ne laissant pas aux locaux le temps de s’habituer à la présence d’autant d’occidentaux, et aux évolutions impliquées. Pour la première fois au Laos, j’ai eu l’impression de ne pas être la bienvenue ; la moue était clairement affichée sur chaque visage, ou presque. Je suppose qu’on ne peut pas blâmer ces gens de réagir négativement au développement du tourisme, mais c’est vrai que ça choque un peu de se voir balancer le menu sur la table avec une tronche de dix pieds de long. Ça ne colle pas avec tout ce que j’ai vécu jusque-là. Du coup ça abime un peu l’image du Laos, puisque c’est l’impression de la fin. Rien de dramatique toutefois, c’était quand même joli, agréable et reposant. Et j’ai toutes les autres images en tête.

Arrivée sur Don Det (4000 îles, Laos)

Bref, l’île reculée sans électricité était en fait équipée en courant, de 18h a 22h à certains endroits, toute la journée ailleurs, et j’ai même trouvé une connexion internet (à des prix prohibitifs bien entendu).
Les installations étaient rudimentaires bien sûr, mais j’avais quand même une ampoule (pâlotte certes) dans mon bungalow. Pour ce qui est de l’eau, il est fort probable que j’aie pris ma douche avec l’eau du Mekong, étant donnés les tuyaux qui reliaient le fleuve à la salle de bain commune.

Puisqu’on est dans les sanitaires, vous ai-je déjà parlé des WC au Laos ? Je ne crois pas. Dans certaines guesthouses, il existe des toilettes avec chasse d’eau, mais très souvent (en particulier au sud), les toilettes sont à la turque avec un grand seau d’eau à côté et une sorte d’écuelle. Donc pour tirer la chasse, c’est comme chez le Juge, faut remplir l’écuelle avec l’eau du seau, et vider l’eau dans les WC ! Côté papier WC, il n’est pas vraiment d’usage ici. Donc mieux vaut venir avec le sien, et le jeter dans la poubelle se trouvant à côté des toilettes (s’il y en a une) car leurs canalisations ne supportent pas bien le papier. Sinon, on peut opter pour la petite douchette qui rafraîchit et nettoie les fesses ! Beaucoup plus hygiénique à mon sens, mais faut avoir envie d’avoir ensuite le pantalon mouillé pendant 20 minutes.

Je vais faire une liste des plus et des moins de Don Det pour aller plus vite :

Les plus

  • le bungalow au bord du Mekong, avec terrasse perso et hamac,
  • le singe piercé à l’oreille attaché à l’arbre devant mon bungalow,
  • la balade à vélo sur les chemins rocailleux puis sur le sentier côtier, pour rejoindre Don Khon,
  • la découverte d’une croix et de plusieurs tombes françaises au coin d’une rizière (quand ça fait cinq semaines que tu ne vois que des stupas et des bouddhas, la croix est assez improbable),
  • les impressionnantes chutes de Li Phi (où le Mekong précipite ses eaux avant de passer au Cambodge),
  • les derniers laap (plat lao) et les dernières Beerlao,
  • le temps qui passe tout doucement, la paix.

Mon bungalow avec hamac, au bord du Mékong (Don Det, Laos)Intérieur de mon bungalow à Don Det : un lit, une moustiquaire, et une ampoule qui fonctionne entre 18h30 et 22h30 (Laos)Mon voisin à Don Det (Laos)Balade en vélo à la découverte de Don Det (sud Laos)Station essence, sous une hutte en bambou (Don Det, Laos)Rizières asséchées le long des chemins rocailleux (Don Det, Laos)Ile de Don Khon, au sud de Don Det (Laos)Arbre sur le Mekong (Don Det, Laos)Cimetière français au milieu des rizières à Don Khon (Laos)Devant les chutes de Khon Phapheng, vers Don Det (sud Laos)Dernier dîner au Laos : riz gluant, laap et Beerlao (Don Det, Laos)La rue principale (Don Det, Laos)

Les moins

  • les Lao qui font la gueule,
  • la multiplication des bungalows (il y en a déjà beaucoup, et ils en construisent d’autres partout, du coup, bonjour les travaux qui commencent un peu partout à 6h du mat’),
  • la pluie à peu près tous les soirs vers 17h => oublie les coucher de soleil,
  • les pancakes à la banane sans chocolat,
  • les insectes à la con qui te scotchent tous les soirs pendant le dîner,
  • la chaleur étouffante du matin au matin (oui, même la nuit),
  • le prix des guesthouses, trois fois plus cher que ceux annoncés dans le Lonely Planet,
  • Gilly qui parle trop, beaucoup trop,
  • le plus important : le côté artificiel qu’est en train de développer cet endroit (dans quelque temps, ça risque de devenir Vang Vieng, avec les TV bars).

Une leçon à tirer peut-être : arrêter d’écouter ce que disent tous les routards. Je crois que depuis le nord, on m’a cassé les oreilles avec ces îles : « four thousand islands » par-ci, « four thousand islands » par-là, comme si tout le monde était venu là pour mouler sur un hamac les derniers jours. Bien sûr c’était très agréable, mais je trouve ça dommage que ce soit un but en soi. Le Laos est riche en plein de choses du nord au sud, et se fixer un but ultime est une connerie. Et puis ça encourage à avoir des attentes, souvent trop élevées. Tout le monde s’est gargarisé avec ça, le fantasme est né, et malheureusement la réalité ne correspond pas. Voilà ce qui arrive quand on attend trop ou qu’on attend quelque chose de bien précis : on est déçu.

Résolution pour le Cambodge : je n’attends rien, je vais où bon me semble, je ne me fais pas de film à l’avance. Une solution pour ça : lire juste le minimum dans le Lonely Planet. Y’a pas de passages obligés, y’a que des envies et des coups de cœur, et des changements de plans en cas de déception.
J’ai quitté le Laos le 2 mars au lieu du 3. Je ne voyais pas l’intérêt de rester plus longtemps dans cet endroit qui clochait. Cynthia et Gilly sont repartis le même jour vers la frontière thaïlandaise, un peu plus au nord. Cynthia sera au Cambodge un peu plus tard, peut-être qu’on se recroisera, peut-être pas. Je suis contente d’avoir fait un bout de chemin avec elle, je suis aussi contente que ça s’arrête. Je repars comme au début, seule, mais avec l’expérience de cinq semaines dans les pattes. Je me sens pousser des ailes et je repars pour de nouvelles aventures.

Le Laos a quand même laissé sur moi une excellente trace ; ses couleurs, ses sourires, sa paix, sa douceur de vivre, ses paysages, et son côté sauvage qui perdure quand même à certains endroits.

Plus de news sur mon entrée au Cambodge à partir de demain, l’ordi est trop foireux ici. Allez, je file voir le sunset sur le Mekong, car à partir de demain, je lâche ce fleuve pour la première fois. C’est un truc assez symbolique ce Mekong : depuis l’entrée au Laos il est là, je passe au Cambodge et il est encore là. Un truc à réfléchir sur l’eau qui coule et mon évolution en parallèle. Je m’arrête, je vais entrer dans des considérations trop philosophiques, et puis de toutes facons je n’y ai pas vraiment réfléchi, c’est juste une idée qui m’a traversé l’esprit quelques fois. A creuser !

Carte

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Il y a un commentaire »

  • Patrice dit :

    Salut Marion,

    juste un ptit mail entre entre deux rédactions de manuel pour te dire que tu nous épates. Une aventurière et une rédactrice exceptionnelle !!!

    Merci de nous faire partager toutes tes émotions.

    Je ne sais pas comment tu trouves la force de rédiger tous ces articles après des journées aussi chargées.

    Je te souhaite de vivre encore plein d’aventures exceptionnelles au Cambodge.

    Bisous et bonne continuation.

    Patrice

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